Khthon imagine un moment situé dans une nouvelle ère géologique, une ère qui succèderait à la notre, marquée par l’activité humaine. Dans cette nouvelle ère, un règne ancestral émanant des profondeurs de la Terre aurait repris ses droits : le minéral, le chtonien, le tellurique.

Le minéral à la fois comme origine et destinée de nos corps, qui se sont constitués de calcium, de phosphore, de potassium, de soufre, de sodium, de fer, de cuivre, de zinc, de sélénium, de manganèse, de cobalt, de silicium et qui, au terme d’un long processus de fossilisation, rejoindront la matrice géologique dont ils sont issus.

Khthon figure l’émergence d’une « vie géologique », une force agissante hybride qui aurait pris le dessus sur le végétal et le biologique et qui, dans la perspective du temps long, aurait revêtu les atours du vivant, rebattant les cartes d’une frontière entre l’inerte et l’animé.

Khthon pose l’hypothèse d’une humanité n’ayant été qu’un court chapitre dans la longue histoire géologique et qui, après avoir exploité les ressources fossiles de la Terre, aurait provoqué sa propre fossilisation.

Khthon renvoie aux divinités chtoniennes, gardiennes des profondeurs de la Terre, ces Gorgones qui avaient le pouvoir de pétrifier les corps, c’est-à-dire – littéralement – de les minéraliser.

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Khthon, vues d'exposition,
"Panorama 21 - Les Revenants", Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains.
Grès et porcelaine émaillés, verre soufflé et thermoformé, béton teinté dans la masse, 10 x 9 x 0,50 m.
Commissaire de l'exposition: Jean-Hubert Martin
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